Historique de la chapellerie dans le bassin Caussade-Septfonds

Quelques chiffres permettront de situer et mesurer l’importance du phénomène chapelier dans le bassin Caussade- Septfonds pendant son âge d’or : fin du XIXème siècle début du XXème, comparativement à aujourd’hui.
Ce bassin occupait alors le troisième rang national derrière la région Lyonnaise et les centres du Nord Est, avec une production de l’ordre de 11 millions de chapeaux de paille, Sepfonds avait vu sa population passer de 800 habitants fin XVIIIème siècle à 2400 en 1906 !!!


Aujourd’hui il occupe le premier rang, mais sa production, toutes coiffes confondues est approximativement dix fois moindre.
Dans ce bassin chapelier, un peu plus de 30 chapelleries employaient alors autour de 2500 ouvriers, les deux plus importants étaient « CANTECOR » à Septfonds et « REY cousins et Cie » à Caussade.

Aujourd’hui, 3 chapelleries emploient 120 personnes : les entreprises « CRAMBES » et « WILLY’S PARIS » à Caussade et «COUSTILLÈRES » à Septfonds.
Avant de devenir de prolifiques petites et moyennes entreprises, pendant la deuxième moitié du XIXème siècle, dans le contexte de la première Révolution Industrielle, ces chapelleries n’étaient que de simples ateliers artisanaux Septfontois. Le premier d’entre eux ayant été créé par une certaine Pétronille CANTECOR en 1796, trois ans avant le coup d’état de Bonaparte.
Née « Gleye » sur le territoire de Caussade en 1770, elle épousa en 1787 Jean Cantecor, les deux époux se fixeront à Septfonds. L’itinéraire géographique de la créatrice de la chapellerie et son mariage emblématique, préfiguraient, en sens inverse l’itinéraire et l’union des bassins chapeliers.

Ce premier atelier de chapellerie fut intégralement l’oeuvre de cette femme à l’étonnante créativité et au stupéfiant esprit d’entreprise. fille et femme de paysan, mariée à 17 ans, mère de 13 enfants et veuve à 48 ans. Ce n’est qu’en 1818, date de son second mariage avec un cultivateur plus aisé, Flavien VAISSE, que Pétronille cueille les fruits de la réussite de l’entreprise familiale identifiée dans les registres administratifs comme marchande de tresses de paille et de pailloles et son époux comme fabriquant de chapeaux de paille. Selon la lége
nde, Pétronille fut la première à tresser la paille de chaumes en gardant ses moutons. Comprenant le parti qu’elle pouvait en tirer, elle eut l’idée de coudre cette tresse en spirale réalisant un chapeau rustique de travail pour femme « LA PAILLOLE ».
Elle initia à ses techniques non seulement ses ouvrières mais aussi l’un de ses cousins André REY, qui fonda son atelier septfontois en 1835. L’ingénieuse Pétronille avait fait école, des ateliers de montage de tresses en paillole fleurissent à Septfonds. En 1858, tressage et montage font travailler 200 femmes et 80 enfants. Cependant vers la fin de sa vie, Pétronille verra la paille des causses mélangée à des pailles plus fines provenant d’Italie, de Suisse et de Belgique. Dès lors les marchés vont s’élargir au niveau national, puis après 1860 au niveau européen et jusque dans nos colonies.
Après le boom des tresses période Pétronille, arrive le boom des chapeaux habillés voire fantaisie, période de FORTUNE CANTECOR son petit-fils.

 

A partir de quand et comment Caussade est-elle touchée par cette fièvre chapelière ?


En 1859, le conseil municipal de Caussade offrit un léger fonds d’encouragement de 150 francs à André REY pour s’installer, suivi en 1858 par Jean CANTECOR. Dès lors la progression des effectifs chapeliers Caussadais est fulgurante. La gare, inaugurée en 1884, a joué un rôle essentiel pour l’exode vers Caussade. L’industrialisation était en route avec les importations de tresses de qualité qui arrivaient de Chine, Japon, Indonésie, Suisse et Italie. Enfin le dernier facteur que l’on associe à l’industrialisation, et le plus décisif, est la mécanisation dès 1870, on installe les premières presses puis les premières machines à coudre à pédales qui permettent de quadrupler la production et en 1895 les premières machines à moteur. La ville de Caussade s’est étendue, le centre réaménagé et l’essor de la chapellerie Caussadaise a constitué une page importante de l’histoire de notre cité, l’empreinte demeurant parfaitement lisible dans le paysage urbain et dans les esprits.